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His name is Chan, Fruit Chan. LA révélation du F3C cru
97. Son film Made in Hong Kong a remporté la montgolfière
d'or, un prix amplement mérité pour une oeuvre éblouissante
de maîtrise et de liberté. Une oeuvre qui impose un langage
à la fois unique et universel. L'apanage des très grands cinéastes... Wong-Kar Waï, John Woo (Hong Kong), Takeshi Kitano (Japon), Hou Hsiao Hsien (Taïwan) et maintenant Fruit Chan... Parmi les réalisateurs les plus passionnants de cette fin de siècle, beaucoup sont originaires d'Asie. N'en déplaise aux xénophobes de tous pays, et autres défenseurs du "Grand cinéma français"... D'où vient ce dynamisme du cinéma asiatique d'aujourd'hui ? Eléments de réponse, avec l'un des principaux intéressés, Fruit Chan. Interview réalisée le 2 décembre à 10 heures, avant la remise des Prix. |
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Quel fut votre parcours avant de devenir cinéaste ?
"C'est une longue histoire... Je suis entré au Hong Kong Film Center - une école de cinéma - en 1982. J'ai écrit des scripts pendant deux ans, puis j'ai été assistant-réalisateur de 1985 à 1991. J'ai parfois travaillé dans la production, toujours pour des films commerciaux. Car à Hong Kong, le cinéma indépendant n'existe pas." Comme la plupart des cinéastes de Hong Kong, vous avez du travailler pour les grands studios avant d'avoir la possibilité de réaliser le film que vous désiriez. Comment vous-accommodez-vous de cette contrainte ? "Tout le cinéma de Hong Kong est contrôlé par les grands studios, qui ne laissent aucune liberté aux réalisateurs. Moi, je ne veux pas être sous leurs ordres. Je veux être propriétaire de mon film. Pour gagner cette indépendance, un réalisateur doit effectuer des oeuvres "de commande", des films commerciaux, qui permettent de gagner de l'argent et de se faire une place dans la production locale. Un film indépendant, c'est un petit budget, qui doit permettre de dégager des bénéfices. Ainsi Made in Hong Kong a coûté 80 000 dollars. Une bonne partie de l'équipe du film n'est pas "professionnelle", et on a tourné avec des "shot-end" (bouts de pellicules récupérés sur de vieilles bobines)." Vos acteurs jouent remarquablement, d'où viennent-ils ? "Comme les personnages de mon film, ils viennent de la rue. Pendant deux mois, tous les soirs, j'ai fréquenté les bars pour les trouver. Je ne voulais pas d'acteurs professionnels. Ils coûtent trop cher, et je trouve souvent leur jeu trop affecté, stéréotypé. Les interprètes de mon film sont naturels et spontanés. Ainsi, le ton est plus vrai. Cette façon de choisir mes acteurs correspond donc à un parti-pris artistique, qui n'est pas dicté par des contraintes financières." Les angoisses des personnages de votre film sont universelles. La rétrocession de Hong Kong à la Chine rend-elle la jeunesse encore plus inquiète au sujet l'avenir ? "Les jeunes ne savent pas ce que l'avenir leur réserve. Les personnages de Made in Hong Kong sont typiques : ils quittent l'école très tôt et restent chez eux à ne rien faire. Ils traînent dans la rue, sont vite enrôlés par les gangsters qui leur permettent de gagner de l'argent facilement. Mais la rétrocession ajoute une angoisse supplémentaire : les pères partent travailler, abandonnant leur femme seule avec les enfants. Beaucoup de familles se trouvent ainsi brisées. Les jeunes sont livrés à eux-mêmes et sont d'autant plus influençables. A Hong Kong, il y a très peu de films traduisant cette situation sociale, alors que tous les jours à la une des journaux on ne voit que des suicides, meurtres et autres actes de violence perpétrés par désespoir." Pourquoi cette utilisation d'effets de style comme les ralentis, les accélérés, filtres de couleurs, flashs, etc.... ? "Quand je fais un film, ma priorité n'est pas dans la forme. Je veux avant tout émouvoir le spectateur, lui faire partager les émotions de mes personnages. J'utilise donc les moyens cinématographiques qui me semblent les plus appropriés pour traduire la vie mentale des héros. Pour moi, le cinéma doit être dynamique. Certains ont peur du mouvement et des effets de style. J'aime les films qui bougent, et je préfère par exemple les films de Wong-Kar Waï à ceux de Hou Hsiao Hsien." Comment voyez-vous l'avenir du cinéma de Hong Kong ? "Les événements politiques de cette année n'ont pas touché l'industrie cinématographique, car on n'y fait pas de politique. Pour l'instant, il n'y a pas d'atteinte à notre liberté de créateur. Nous sommes libres de faire les films que nous voulons, tant qu'ils correspondent aux critères commerciaux des studios : quota de violence, drogue, sexe, etc... Ainsi, je n'ai pas eu de problème pour montrer mon film à Hong Kong. Il n'a pas eu un grand succès aux box-office mais il a été bien accueilli par la critique et le public. Les communistes chinois sont patients. Ils ne vont pas croquer Hong Kong d'une seule bouchée, ils préfèrent nous grignoter petit à petit." Le cinéma asiatique actuel est considéré comme l'un des plus créatifs. Certains parlent même de "nouvelle vague"... "Non, je ne pense pas que l'on puisse parler de "nouvelle vague". Personnellement, je ne pense pas faire partie d'une école. Je cherche simplement à faire des films humains, qui parlent au public. Cependant, je fais de mon mieux pour arriver au niveau de Wong-Kar Waï, qui pour moi est le number one." Vous veniez de réaliser "Made in Hong Kong", dans quelles directions allez-vous maintenant orienter votre travail ? "J'ai comme projet de réaliser un film en Chine, produit par le même studio que celui de Jackie Chan. Je
ne sais pas si défendre le cinéma de Hong Kong signifie
quelque chose. Pourquoi ne pas aller aux USA ? Même si le système
hollywoodien fonctionne comme le nôtre..." En quelques mots, que représente le Festival des 3 Continents pour vous ? Pensez-vous qu'il peut vous servir de tremplin ? "En Asie, le Festival des 3 Continents est très connu des professionnels du cinéma. Les grands réalisateurs asiatiques ont tous été diffusés au Festival. Pour moi, il était très important être présent. Obtenir un prix m'encouragerait à continuer à faire des films indépendants. Mais je suis avant tout ici pour me relaxer, car par rapport à d'autres festivals, l'ambiance à Nantes est particulièrement chaleureuse." Propos recueillis par Ségolène d'Herbécourt et Nicolas Boissez |
| Nantes a invitado cineastas provenientes de todos los países, entre ellos se encuentra Perú, con la representación de Maria Barrera, directora y productora de cine. Sus trabajos muestran el mundo indígena, la mujer y los jovenes en un país invadido por la desigualdad, y la pobreza. |
Peru presente en el festival de 3 continentes |
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¿ Qué importancia tiene para usted el Festival de 3 Continentes
?
"Para nosotros los cineastes latinoamericanos es muy importante, ya que tenemos problemas para reflejar nuestra identidad cultural.Esta clase de festivales nos permite comparar con un cine proveniente de diversas partes del mundo y el nuestro.La selección de las películas es interesante porque es auténtica y representativa de estos países." Y para el público en general ? "Pienso que es enriquecedor para la juventud nantesa de tener la oportunidad a través del cine, de conocer culturas de mundos tan diferentes. Conocer un pueblo es saber como piensa,se siente y se expresa. Es un medio que ayuda a integrar, y buscar una forma de relación mas humanista de los hombres para eliminar los prejuicios." ¿ Cuales son los puntos en común que encuentra en las películas? "Hay muchos puntos en común. Primero demuestra que el ser humano es uno solo, que se expresa de diferentes maneras pero que siente, sufre y vive de la misma forma. La manera de ubicarse en el cosmos, la vida y la muerte." ¿ Cual es la película que más le ha sorprendido ? "La película taiwanesa "Murmuro de los jóvenes", por la sensibilidad, el tratamiento del tema y la manera como el realizador logra transmitir el despertar de 2 jóvenes chicas a la vida. Es un contexto donde podía ubicarme fácilmente en el Perú de hoy y la sociedad de consumo, sin perder el punto de vista de los jóvenes. Otra pelicula que debo mencionar es "La danza del viento" de la India. Es para reflexionar y mirar dos veces." ¿ Cual es la impresión que tiene del Festival ? "Muy grata. Créo que el Festival de 3 Continentes está muy bien organizado, bien difundido y se nota la participación masiva de la población. Me voy muy impresionada." En cuanto a su trabajo personal. ¿ Que le aporta el festival ? "Bastante, ya que es el tipo de cine que realizo, tratando de reflejar nuestra identidad cultural. Las películas que he visto muestran muy bien este aspecto." ¿ Es la primera vez que viene a Nantes ? "Sí, es la primera vez." ¿ Ha tenido la oportunidad de ver alguna película latinoamericana ? "He visto una película argentina. "Ciudad de Dios". Ella representa la tendencia que tiene actualmente el cine latinoamericano, reflejando la manera de sentir y percibir nuestra realidad." ¿ Cual es la última producción que ha realizado ? "Un largometraje de ficción que muestra el drama del desarollo a través de las violencias de una trabajadora de hogar. Es la pérdida de raíces por la necesidad de adaptarse a diferentes formas de vida y conducta. La película se llama Antuca." ¿ Cual es su trabajo actual ? "Una coproducción alemana. Es un documental de 45 minutos para la televisión. Mostramos a través del retrato de una chica de 17 años las secuelas que ha dejado más de 10 años la guera de Sendero Luminoso en la ciudad de Ayacucho. Es une historia verídica." Entrevista realizada por Lucy y Erwan |
Mais qu'est-ce qui fait courir Jeanine... |
Elle est arrivée à l'heure au bar "Les Trois Continents"
qui porte le nom d'un festival qu'elle fréquente depuis quatorze
ans. En véritable passionnaria du cinéma, Jeanine, petit bout
de femme énergique et pétillante vient à Nantes pendant
une semaine pour vivre des rencontres avec les films, les réalisateurs
et le public du Festival... Jeanine peut consacrer plus de temps à
sa passion cinéphilique depuis qu'elle est à la retraite,
même si à 73 ans, lorsque qu'on a comme elle, l'esprit
vif et un appétit gourmand de la vie, les sollicitations ne manquent
pas. 11 heures du matin Jeanine encore un peu endormie boit d'abord un petit noir bien serré. Hier soir, elle était invitée à une soirée privée où elle a pu retrouver quelques habitués du Festival et rencontrer des cinéastes étrangers. Car voyez-vous, c'est le vrai bonheur de Jeanine ces moments d'échanges avec ceux qui font les films et ceux qui, comme elle, fréquentent les salles obscures du matin au soir pendant sept jours. Et, justement, depuis que l'espace Graslin est fermé, le public n'a pas de lieu pour rencontrer les auteurs des films. L'ivresse et la convivialité manquent un peu et pourtant, Jeanine, son programme à la main, fonce vers l'écran noir quatre fois par jour. Mais qu'est-ce qui fait courir Jeanine ? |
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Quelles sont les raisons qui vous amènent à plonger pendant une semaine et depuis quatorze ans dans le grand bain des trois continents ?
"Pour moi, ce rendez-vous est très important. Le Festival permet la rencontre avec des films diversifiés. C'est une sorte de voyage dans la tête car on peut voir des films que l'on ne verra jamais ailleurs et qui ne sont pas dans le circuit commercial français. Je suis une cinéphile assidue mais avec le grand regret que le cinéma soit entré dans un phénomène de consommation. Autrefois, on avait peut être moins de films mais beaucoup plus de réflexions sur les films que l'on voyait notamment par l'intermédiaire des Ciné Clubs. Là, on arrive à une consommation de films trop importante." Vous trouvez qu'il y a trop de films en projection au Festival des 3 Continents ? "Un peu trop. Et puis, depuis deux ans, c'est aussi le festival de la photographie. Les organisateurs ont joint la photographie à l'image dans le cinéma avec l'idée de faire rencontrer des photographes avec des réalisateurs de films. Cela donne une surabondance car on a commençé avec cinq expos de photos et puis cette année on arrive à quatorze. C'est impossible de voir une sélection de 7O films plus une douzaine d'expos photos. Les interventions des réalisateurs ont lieu l'après-midi à la Cité des Congrès et si on veut y assister, on ne peut voir aucun film en ville. Moi, j'ai préféré voir les films en compétition au Congrès le matin pour faire l'après-midi mon programme dans les salles en ville." Comment choisissez-vous votre itinéraire cinématographique durant le festival ? "Les années précédentes, je choisissais un pays dont je connais un peu le cinéma et que j'estime beaucoup comme le cinéma chinois. J'ai repris cette méthode cette année car j'en suis satisfaite. Pour cette édition, j'ai sélectionné la rétrospective sur la nouvelle vague japonaise. Plutôt que trop me disperser, je préfère, même si cela me frustre, voir tous les films d'un pays de manière à rentrer chez moi avec une idée précise et personnelle sur le cinéma de ce pays. Et puis, quand je suis fatiguée, je décide de voir des films distrayants comme "Le roi du quartier" ou un mélo égyptien avec "Omar Sharif" (rires de midinette). Je l'avais aperçu à la biennale du cinéma à Paris. Ce n'est plus le beau jeune homme mais bon..." Après quatorze ans de fréquentation du festival, vous avez vos habitudes. Ce n'est pas un hasard ce rendez vous au bar "Les Trois Continents"... ? "A l'origine tout se passait à l'espace Graslin : conférences de presse, repas pour ceux qui voulaient. Cela nous permettait de manger avec des traducteurs, des journalistes, des réalisateurs, des Nantais. C'était fort intéressant. C'était pour moi les années les plus sympathiques et puis une année le rendez-vous de Graslin a disparu. Les organisateurs nous ont alors guidé vers le bar "Les Trois Continents" tenu par Hassan le Libanais... Après, on s'est promené d'un lieu à l'autre et cette année on n'a pas vraiment d'endroit. C'est vraiment dommage ! Avant, les rencontres étaient courtes et rapides mais elles avaient lieu. Je pense que le public n'a pas suffisamment sa place dans ce festival. On se sent un peu exclu aujourd'hui." Les rencontres, c'est un peu votre carburant dans la vie et vous avez quand même eu de bons moments pour cette dix-neuvième édition, non ? "Hier soir, j'avais un peu le blues et après une projection j'ai fait un petit crochet pour passer devant l'hôtel de France où logent la plupart des réalisateurs. C'est comme cela que j'ai retrouvé Hélène qui attendait une voiture sur le pas de la porte. C'est une critique, que j'ai rencontré l'année dernière et elle m'a invité à sa petite fête avec des amis réalisateurs. C'était formidable... Le Festival des 3 Continents est le voyage que je m'offre tous les ans. Sinon, je vais souvent au Maroc qui est mon pays de prédilection, le pays d'amour..." Est-ce que vous avez un pronostic parmi tous ces films en compétition ? "Je ferais un petit pronostic sur "La danse du vent" qui est un très beau film indien. Je n'ai pas vu "Made in hong Kong" qui a plu à beaucoup de gens. Mais les films en compétition ne sont pas toujours les meilleurs car ce sont souvent des premiers films. Je préfère les rétrospectives, mais si je veux assister à la soirée de clôture je dois voir tous les films en compétition. Tous les ans, je suis devant le même dilemne." Jeanine quand on vous voit et que l'on passe un moment avec vous on ne peut que trouver formidable votre vitalité. C'est le cinéma qui conserve ? "Quand je dis aux gens que je suis de 1924, ça fait toujours un effet remarquable car pour les gens, 24 cela parait extrêmement loin. Je suis venu au cinéma vers les années 60 car comme j'avais des enfants, je les emmenais au Ciné Club et cela me permettait d'avoir l'esprit libre, loin de ma maison. Depuis, j'ai toujours continué cette approche du cinéma. Et, avec les "3 Continents", je continue l'exploration." Françoise |