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Voyage égyptien |
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| Outre les cinémas nantais et la Cité des Congrès, de nombreux sites prennent activement part au Festival des 3 Continents. Parmi eux, les bibliothèques de quartier mènent des actions de proximité insolites et pourtant étonnamment réussies. |
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| L'endroit paraît plutôt incongru pour un spectacle de danse
égyptienne : la bibliothèque de la cité HLM Halvèque.
Entre une photocopieuse et des rayonnages de livres, comment la magie peut-elle
se réaliser sur une piste de linoléum de 5 m2 ? Ce qui est merveilleux avec la magie, c'est qu'elle survient justement alors que l'on ne s'y attend pas. Loin des projecteurs et des feux de la rampe, un simple percussionniste et une danseuse se livrent entièrement et simplement à une dizaine de spectateurs, dont la plupart ont l'air d'être là par un pur hasard. Dans ce décor insolite, autour de cette piste improvisée, pas d'intelligentsia nantaise, pas de "m'as-tu vu", pas de "festival", pas de cocktail à la sortie... Mais une bibliothécaire, heureuse d'accueillir des gens venus partager un moment de bonheur. Sur une table, un atlas ouvert expose la carte de l'Egypte, des contes traditionnels attendent le visiteur comme autant d'invitations au voyage. Shandra Reba et son musicien J.J. Barbette prennent place, la danse commence et les enfants, intimidés et absorbés par l'attention que leur porte la danseuse, écarquillent les yeux. Un homme bat la mesure dans son coin. Le rythme s'accélère et c'est toute l'assistance qui se met à battre des mains, emportée par l'envoûtante musique tombée du ciel.
Le temps d'un changement de costume, J.J. Barbette explique les racines
ancestrales de cette danse d'origine rituelle qui remonte au temps de l'Egypte
ancienne. La petite assemblée écoute respectueusement quand
soudain une discussion nous transporte au coeur de la vérité
de cette pratique : l'Egyptien dans l'assistance raconte le village de son
pays, les mariages, les hommes et les femmes qui communiquent au moyen de
la gestuelle de cette danse.
Les regards, les mouvements de mains, de tête, deviennent alors
autant de messages délivrés par Shandra Reba. Séduite,
l'assemblée accueille le deuxième tour de danse, riche de
cette connaissance, dans une communion parfaite avec cet exercice peu commun
à notre quotidien.
Au milieu d'un samedi après-midi pluvieux, quand le shopping et
le zapping sont les activités de la majeure partie de la population
urbaine, un véritable conte des mille et une nuits se déroulait
dans une bibliothèque de quartier. Si nous n'étions pas dans
un village d'Egypte, nous n'étions pas non plus au cabaret et nous
n'assistions pas à une danse du ventre libidineuse. La convivialité
avait pris le dessus sur le parcours convenu du Festival. A la rencontre des enfants, une autre bibliothèque, celle de la Manufacture, prend elle aussi part au Festival. Le mercredi 3 décembre à 15h30, pour les plus de 8 ans, un conteur et un goûter-friandise sur le thème du Mexique attendront les enfants. Ouverte à tous, une visite gourmande de l'exposition photographique "Images Mexicaines" par Alejandra Medina, étudiante mexicaine, aura également lieu le samedi 6 décembre à 16h. |
Joëlle
When a man loves a woman... |
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| Je vais vous parler d'une "FEMME" qui vient de l'Inde. Pays
mystérieux, à l'histoire compliquée mais avec une culture
phénoménale. Elle s'appelle Santwana Bardoloi. Réalisatrice,
actrice, et pédiatre. Son film "L'envol" était en
compétition. |
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| La première fois que je l'ai rencontrée c'était
au vernissage d'ouverture de l'expo photos à la Chapelle de l'Oratoire.
Elle était avec la réalisatrice Christine Dabague. C'est à
ce moment que je lui ai demandé une interview. C'était d'accord
pour le lendemain à 11h. 11h, Cité des Congrès. Santwana Bardoloi est à une "Table ouverte". L'ordre du jour : la co-production et le développement de l'internationalisation. J'arrive en pleine discussion. Il ne faut pas la déranger. Je décide donc d'attendre la fin. La réunion terminée, elle se dirige vers moi. L'interview se passera à un cocktail. Devant une telle gentillesse, on ne peut pas refuser. Je la suis et j'attends. Elle est ce genre de femme d'apparence fragile, mais forte, imposante malgré sa petite taille, à qui automatiquement on offre son respect. Elle est avec un journaliste. Enfin elle me voit et me sourit. Le journaliste l'a quitte et me laisse sa place sur le divan à côté d'elle. L'interview que je dois faire tourne rapidement à la conversation. Les notes et les questions sont oubliées. Ce n'est plus important. Je la regarde et je l'écoute. Ses mains s'envolent au dessus de sa tête. Elle souhaite la compréhension. Plus que la comprendre, je ressens ses paroles. L'Inde m'est pratiquement inconnue. Elle me parle des femmes de son pays : maintenant elles sont plus libres, mais la situation reste cependant difficile. Puis elle enchaîne sur l'être humain et la liberté. Ces sujets lui tiennent à coeur. Personne ne m'en a parlé comme ça auparavant. Je continue, je veux tout savoir. Son pays est dans ma tête. Je vois les intouchables, je sens les odeurs du thé dans les plantations, où les jeunes travaillent. Le soleil me brûle, les couleurs remplissent mes yeux. Son sourire me rend joyeux. Elle est heureuse d'être ici car elle a trouvé un public étranger capable de comprendre son film. Santwana, je suis là, je t'entends. Or la conversation se termine. Malheureusement. Une autre fois je l'ai revue. Quand nos regards se sont croisés, la complicité était là. Quelle femme ! J'ai vraiment apprécié ce festival dans son ensemble. Tous mes remerciements vont aux organisateurs, non pas forcément pour leur travail mais pour m'avoir donner l'occasion de connaître Santwana Bardoloi et j'en suis fier. Fier de savoir que des gens humbles et puissants puissent exister. |
David Le pabic
RIDEAU ! |
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| Voici l'instant des "au revoir" et des "merci". Le
Festival des 3 Continents se termine. |
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| l pleut sur Nantes. Le tracas hivernal recouvre les corps endoloris
de badauds recroquevillés. C'est le temps des regrets. C'est le temps
des bilans. C'est le temps de rentrer chez soi. Lumière tamisée. Grand écran. Les sièges semblent bien vides. Les salles se sont éteintes sur la vision cinématographique de trois continents. Il y a eu de forts instants, de grands films, de belles images, mais aussi des déceptions, parfois même des fuites ou des ronflements. Les réalisateurs, eux, vont repartir. Ils vont s'en aller vers d'autres horizons éclairés par mille lumières, de verts pâturages aux montagnes ailées, pour revenir peut-être l'année prochaine, et de nouveau nous faire rêver, nous faire découvrir d'autres cultures. Les impressions sont encore diffuses, comme s'il s'agissait d'effluves intemporelles, indéfinissables. Les avis sur cette 19ème édition du Festival des 3 Continents sont en effet relativement partagés. Du côté de l'organisation comme toujours, on se félicite. Les invités semblent heureux, d'autres, seulement nominés, un peu déçus. Les spectateurs hagards ou déconfits. Les Nantais parfois indifférents, perçoivent le Festival comme inaccessible ou élitiste. Et la pluie continue à se détacher, en lambeaux, de ce ciel qui couvre nos visages. Les affiches, arborant hier encore fièrement la couleur de l'espoir au "3" orangé, s'affaissent douloureusement sur le parterre boueux. Le papier se fige. C'est le moment de créer, d'écrire, pour revenir en pellicules, l'année prochaine. Le sol redonne la vie et fertilise ce qu'on lui fournit. C'est la plus belle leçon que l'on puisse tirer de ce Festival hétéroclite, qui s'ouvre sur le partage et l'échange, autour duquel chacun fait son apprentissage. Ouvrons en effet notre coeur, et levons les yeux. Soyons heureux d'appartenir à cette même race, humaine. Et projetons-nous déjà vers la prochaine édition, la 20ème. Parce qu'il nous faut toujours espérer pour avancer. Se souvenir pour ne pas oublier. Ne pas oublier que le Festival a permi à une poignée d'individus, dont je fais partie, d'entreprendre et de créer un journal sur internet, qui au delà d'une expérience professionnelle, nous a offert la possibilité de vivre ensemble dans la solidarité et le respect. Il pleut sur Nantes. J'ai l'impression d'être nostalgique. Le cinéma d'auteurs internationaux me manquent déjà. J'ai conscience qu'il s'agit là de mon dernier papier. Vivement l'année prochaine. |
Guillaume J.
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Il paraîtrait, de source sûre, que le Festival des 3 Continents
serait quelque chose comme du "cinéma étranger",
entend on dire dans les couloirs de la Cigale. Bien vu. Y'a du mieux chez
les journalistes pour lesquels il s'agit-là du "festival des
confrontations des cultures", dixit Clément Tapsoba. Et il n'était
peut-être pas inutile de le rapeller. Fions-nous maintenant à l'avis d'un habitué des festivals (il le dit lui-même), Serge Yamoco, acteur dans Bud Jam et Wend Kûuni de Gaston Kaboré : "une bonne idée". Tout simplement. Après les acteurs, un mot des réalisateurs, ce serait "efficace" selon Nabil Maleh. Gregorio Cramer, palmé pour Hiver, mauvaise vie, nous dit en anglais : "a good opportunity to see films you wouldn't see the other way because of the distribution". En bref, pour les réalisateurs, le Festival c'est l'occasion d'aller au cinéma, cherchez l'erreur. Les officiels quant à eux, sont d'incorrigibles bavards, et Michel Jahan de nous dire que le festival "permet de rassembler à Nantes (qui est une ville de tolérance et de rencontres) des cultures différentes". Pas mal, quand on pense que Nantes est devenue ce qu'elle est aujourd'hui (une ville de tolérance ?) grâce au commerce négrier ! Le responsable de l'organisation des manifestations de la mairie ajoute "et l'année prochaine y'aura la coupe du monde". Le Festival des 3 C. ne serait-il qu'un préalable à des manifestations footballistiques ou bien cela n'a-t-il rien à voir ? Contentons-nous donc de répondre à la question posée. "Convivialité". Bonne réponse Monsieur Robert, président de l'union des salles associatives de Loire-Atlantique, passionné de cinéma, et comme nous tous, un peu pique-assiettes sur les bords : "ça permet aussi de rencontrer des gens, mais s'il n'y avait que ça évidemment, y'aurait pas besoin d'un festival pour avoir un buffet". Et vu de derrière les buffets justement, qu'est-ce que ça évoque le Festival ? "Rien du tout", avoue Michel, en mal d'inspiration. Quelques verres et quelques jours plus tard, lors du cocktail de clôture, les serveurs ont levé toute inhibition et confient : "nous on s'en fout, on est des anesthésiés du cerveau". Un peu d'originalité, que diable ! Pas vraiment le temps de parler du côté de l'organisation : pendant qu'à l'hôtel de France, on est "débordé", Florence Douaud, organisatrice fait "la course" et Tanguy, chauffeur officiel à la Cité des Congrès ne jure que par sa "disponibilité" chérie. Interdit aux moins de 12 ans. Dans le hall du Gaumont, le personnel (exclusivement masculin ?) ne se cache pas pour dire, je cite : "ça me casse les couilles". D'autres, plus nuancés préfèrent "ouverture, voyage, artistique". Tous publics. Toute vulgarité mise à part, on apprend aussi de la bouche d'Irada Amiraslanova, traductrice russe-français que : "c'est le bordel pour les traducteurs car il y a des films qui sont intraduisibles, c'est très émotionnel de faire la traduction, il faut passer la traduction toujours par soi, heu, tu comprends ce que je veux dire ?" Dans cette profession aussi, il faut tenir compte des avis plus nuancés, par exemple : "richesse et diversité culturelle", Loïk Alain, traducteur espagnol-français. A part ça, des regrets ? Cheikh Mbaye du Cinématographe juge les 3 Continents comme une initiative "à soutenir". Même constat pour Roland Jubineau, employé municipal : "à améliorer", à ceci près qu'il ajoute en privé concernant le Festival cinéma "c'est de la merde" alors que le festival photo est "une réussite" Le mot de la fin sera pour Jean-Joël Barrault, président du 19ème festival des 3 Continents. Les traductrices peuvent d'ores et déjà le remercier pour leur avoir épargné l'explication de référents typiquement nantais figurant texto dans le discours officiel. A vous, monsieur le président : "le Festival des 3 Continents est une manifestation annuelle qui revient comme le vin nouveau et la remontée saisonnière des civelles". A vos souhaits ! |
Gwenaëlle Jourdain.

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