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Les photos n'ont pas d'odeurUn lieu, 10 photographes. A la maison du change, chacun a hérité d'un pan de mur pour exposer ses travaux basés, au choix, sur la technique, l'esthétique ou l'imaginaire. Asiatica, un parcours photographique retrace et appose une multitude de regards "objectifs" : des parcours photographiques. |
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Qui dit photographie dit regard porté sur une quelconque réalité.
A propos du regard, pourquoi ne pas s'interroger sur celui du public. Un
regard porté sur un autre regard, peut-être que cela nous regarde
autant que l'avis-même du photographe. Depuis le début du festival, il en est un qui ne quitte pas ces images des yeux : c'est Roland Jubineau, employé au développement culturel à la mairie de Nantes, surveillant accessoire de l'exposition à la maison du change. Visite guidée. Première escale : le Laos. Ou plutôt le parc de la Villette à Paris où Rasi photographia une série de Bambous avant son retour définitif au pays. Des photos "très peinture" où les contours de la plante en très gros plan semblent avoir été tracés au pinceau. L'artiste a "gâché" pas moins de 14 pellicules avant d'arriver au résultat final : un rendu très sombre, voire noir qui va à l'encontre du traitement classique de la lumière. Un effet qu'il faut compenser dans les galeries par un éclairage intense au spot. "Ici, il est à peine suffisant", regrette l'artiste. Photographies suivantes : celles de Kyaw Kyaw Soe Hlaing (Myanmar) et ses temples boudhistes artificiellement colorés. "La couleur, c'est sûr, ça flatte mais ces photos-là, c'est un peu Connaissances du Monde, c'est standard". Emmanuelle (visiteuse) n'est pas tendre non plus avec ces photos de vacances : "c'est le paysage en lui-même qui est joli alors que dans ce portrait de Lam Duc Hien (Laos), la mémé n'a rien d'esthétique ; tout le mérite revient au travail de l'artiste". Perceptions touristiques et considérations techniques (qualité du tirage, grammage etc...) ne déchaînent pas les foules ou alors "on va voir un vendeur à la FNAC", dixit Roland Jubineau. Sur le mur de droite, quatre épreuves irréelles selon Dow Wasiksiri ("surréalisantes", disent les spécialistes). Les spectateurs, quant à eux, s'interrogent sur la réalisation des photos : montage informatique ou bricolage en labo ? Pour Roland, aucun doute : "c'est de la purée, de la photo javélisée". Chacun ses goûts. Version documentaire esthétique, Romeo M. Gacad témoigne des tranches de vie des jeunes Philippins : deux spectatrices après un concert de rock, une prostituée, quelques volontaires contre le SIDA. Ses sujets ne posent pas, pris sur le vif, ils sont figés dans un instant quotidien, parfois de dos. Qui seraient-ils, ces personnages comme vous et moi, s'ils venaient à se retourner ? Pas tout à fait nous-mêmes, pas tout à fait d'autres. On réalise alors que le regard du photographe rejoint parfois celui du spectateur. Moralité : une photo, pour l'aimer, il faut "la sentir". Question d'appréciation personnelle. |
Gwenaëlle Jourdain.