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Artiste marcheurDaniel Anizon expose à l'Artothèque, jusqu'au 31 décembre 1997. Vietnam, Aide-Mémoire offre le résultat de ses pérégrinations au Vietnam (pas moins de quatre voyages) durant ces deux dernières années. |
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On entre dans l'Artothèque, grand espace blanc sur deux niveaux,
une quinzaine de photographies peinent à habiller les murs. On s'apprête
à crier au scandale lorsqu'on s'aperçoit que l'étage
se révèle plus grand et plus fournit que le rez de chaussée,
c'est donc bien une expo photos. Pardon, non, ne pas employer le terme photo,
la responsable du lieu est en train d'expliquer au téléphone
à un journaliste que photo n'est pas adéquat car un peu vulgaire,
ici on expose de la photographie, pas de la pub ni du reportage, mais de
l'art... J'en prend acte, déambulation. Daniel Anizon travaille dans l'instantané, dans le mouvement et
dans le flou, ce qui ne veut pas dire que ses clichés ne sont pas
travaillés. La majorité de son travail est constitué
de photos prises en mouvement ; sans même descendre du véhicule,
qui souvent fait aussi partie du cadre. Anizon saisi des cyclistes, des
pousse-pousse, des piétons que son regard a croisés, comme
il le dit lui-même : "Je prend rarement ce qui est devant moi,
je repère en vision latérale et appuie souvent sur le déclencheur
sans même m'arrêter". Il est certain que parfois on serait
tenté de ne voir ici que des photos-souvenirs prises par un touriste,
mais il s'agit en fait de "photos de souvenirs", nuance... Daniel
Anizon prend aussi le temps de descendre de son véhicule, là
aussi le mouvement reste une dominante, tels ces enfants de Dien Bien Phu
jouant au football qui se retrouvent figés en plein vol comme s'ils
exécutaient un ballet. De temps en temps on passe devant un cliché
plus composé, où le sujet a posé, sur fond de jungles
perdues dans la brume ou dans une pagode, le résultat n'en est pas
forcément plus heureux et plus intéressant, le côté
instinctif de la prise de vue vient à manquer. Anizon n'est pas certain
d'avoir une démarche artistique (il préfère parler
de "marche artistique", toujours le mouvement...) et c'est ce
qui est plaisant, la prise de vue se fait au gré de ses sensations,
le travail n'intervient qu'au moment du développement et de la sélection
sur les planches-contact. C'est en fait à chacun de décider
s'il s'agit d'art ou pas, ce qui est certain c'est que ces photos témoignent
d'un plaisir de voyager et de voir le monde qui se révèle
contagieux.
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Julien